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 Dans le village de Bisaw

Louxor n’est qu’un point de chute pour l’instant, mais on y reviendra. Et de l’avion avant l’atterrissage on a bien vu tout ce vert entourant le fleuve et le désert autour. Dès la sortie de l’aéroport, puis plus tard dans la soirée lors d’une brève sortie en ville complètement inintéressante, on s’est vite rendu compte qu’il fallait beaucoup discuter et négocier ferme si on voulait s’en sortir. Bien évidemment, on ne va pas rester les bras ballants tels les pigeons nés de la dernière pluie et on a donc commencé à discuter et à négocier… sauf avec le muezzin qui a débuté ses palabres à 3h du matin !

Le deuxième jour notre chauffeur est là comme convenu et à l’heure. A première vue, ou plutôt dès les premières paroles échangées, on a vite compris qu’on n’avait aucune langue parlée en commun, ce qui est de bon augure quand on doit se farcir 3h de route entre Louxor et Assouan et qu’on n’a pas toujours envie de se taper la causette. Quand même, il aurait été cool de lui dire en français (ou en anglais) de rouler moins vite et surtout pas si proche des autres véhicules, voitures en tous genres, motocyclettes chinoises pliant quelquefois sous le poids de familles entières, poids lourds dont la cargaison tout en hauteur risque à tout moment de basculer (pas sur nous svp !) et charrettes de végétaux péniblement tirées par des ânes bâtés. Heureusement il y avait pléthore de « casse vitesse » à l’approche desquels notre chauffeur activait presque toujours le « warning » comme s’il pensait être épié par la gendarmerie locale, parce que derrière lui il n’y avait personne.

Les seuls mots intelligibles qu’il a prononcés un moment et qu’on a saisis ont été : « police » et « bakchich » après qu’il ait glissé subrepticement un (ou plusieurs) billet(s) soigneusement plié(s) dans la main d’un type en uniforme lors d’un « check-point ». Quant à la route qui a longé le Nil pendant un moment, ce n’étaient que plantations diverses et dépôts d’ordures à l’approche des villes et villages, et puis on a traversé le fleuve, roulé quelques temps sur une route de pierres poussiéreuse avant d’arriver sur l’autoroute du coin, 3 voies de chaque côté, mais seulement un long ruban d’asphalte quasiment désertique dans un paysages qui l’était lui complétement. De loin en loin s’étiraient des lignes électriques à haute tension sur lesquelles bien malin était celui qui pouvait dire dans quelle direction circulait le courant. Si on ajoute un ciel très voilé, presque opaque, cela donnait une touche supplémentaire à la morosité ambiante. C’était donc le moment de piquer un petit roupillon.

A l’arrivée à Assouan, des dizaines de dahabiehs (bateaux traditionnels à voile avec cabines) étaient rangés le long du Nil et ils étaient vides de touristes. En ville, c’étaient les gros bateaux de croisières eux aussi par dizaines qui s’agglutinaient le long des quais, noircis par les fumées de gasoil, exhalant une puanteur d’hydrocarbure et on s’est dit qu’on ne serait pas seuls à naviguer. Après cet épisode automobile quelconque on a ensuite déambulé dans la ville, essentiellement dans le souk, pour respirer cette fois-ci pleinement l’atmosphère que nous aimons tant : la vie locale, les sourires, les échanges rapides mais cordiaux avec les marchands, une ambiance nouvelle que nous allons découvrir.

Ce soir, malgré les bruits de la ville, je suis là, le nez en l’air, à regarder béatement le ballet des chauves-souris qui volent d’arbres en arbres près du fleuve.

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 Notre magnifique dahabiya voguant sur le Nil

A la seule pensée du temple de Philae il me vient une affreuse migraine, qui je pense est directement liée aux diverses explications données par notre guide francophone. Et ce n’est pas car le temple est situé sur une île au beau milieu du Nil entre les 2 barrages, et donc qu’il est seulement accessible par de petits bateaux à moteur, évoluant dans un imbroglio incroyable. Non plus car l’UNESCO a eu la bonne idée de le sauver dans les années 70, après plus de 70 ans passés sous les eaux suite à la construction du premier barrage, en isolant l’ouvrage de son linceul aquatique pour le découper en petits morceaux (blocs de 1 à 3 tonnes quand même !) afin de le reconstituer à l’identique un peu plus loin et sur une hauteur plus du tout sujette aux inondations. Et encore moins car il est peut-être le mieux préservé des édifices antiques de toute l’Egypte.

Non ! ce qui me donne mal au crâne vient assurément de toutes les histoires de famille qui lui sont rattachées et pour lesquelles il me faut faire un effort incommensurable pour vous les relater. Imaginez que la construction de ce temple est principalement dû à Ptolémée, roi d’Egypte mais qui n’était pas franchement Egyptien mais plutôt Grec. Que le temple a aussi des origines Romaines, et donc pour résumer que son style est de type Gréco-Romain. Si on considère également que ce temple est voué au culte de la déesse Isis, coiffée d'une perruque surmontée par un disque solaire inséré entre deux cornes de vache, femme et sœur d’Osiris qui lui se tient constamment avec les bras croisés, tous 2 issus de l’union de la terre et du soleil, mais qu’il ne faut pas confondre avec Amon-Rê, dieu du soleil, dont on ne sait pas très bien quels étaient les liens de parenté avec les 2 premiers. Horus est l’enfant chéri de nos 2 tourtereaux qui ne le fêteront qu’après 7 jours parce qu’on ne sait pas ce qui peut arriver avant ! Horus, qui a une tête de faucon, se mariera avec Hathor, déesse de l’amour et de la joie et qui ressemble comme 2 gouttes d’eau à sa belle-mère. Mais c’était sans compter sur Satis, associée à la crue du Nil et à la fertilité, qui était vénérée comme la "Maîtresse de l'île Éléphantine" et la protectrice de la frontière sud et qui formait une triade divine avec le dieu Khnoum et la déesse Anoukis. Sur ces entrefaites, v’la t’y pas que Seth, au museau effilé et aux oreilles dressées, frère d’Osiris, tue son frangin pour devenir calife à la place du calife. Bien sûr Horus s’en mêle et flingue le méchant avec l’aide de sa mère… Bon là, il faut que je prenne un doliprane ! Et je ne vous parle pas de l’empereur Romain Trajan qui mis sa pierre à l’édifice, ni des premiers Chrétiens sous Constantin qui firent du temple leur église en gravant quelques croix par-ci, par-là, et en essayant (mais sans grande conviction fort heureusement) d’effacer à grands coups de burin les anciens symboles païens.

Je vais arrêter là la narration de notre fabuleuse visite du temple de Philae pour vous parler du grand barrage d’Assouan qu’on avait vu avant, pour vous dire que les mecs, travaillant nuits et jours et par tous les temps, qui ont empilé un méga chié de tonnes de granit en ont bavé grave, et tout ça pour produire 80% de l’électricité consommée en Egypte (on sait maintenant dans quel sens se barrait le courant sur les lignes à haute tension vus la veille !). Que cette construction gigantesque a été financée à l’époque par l’union soviétique, et que depuis, les Egyptiens sont copains comme cochon avec la Russie de Poutine, encore que ce n’est peut-être pas le terme le plus approprié dans un pays de confession Musulmane !

Et pour finir les visites de la journée, direction l’ancienne carrière royale de granit, transformée en lieu touristique où il est possible de rester bouche bée devant un obélisque inachevé de plus de 1000 tonnes, inachevé et donc laissé en plan car ces cons de tailleurs de pierre de l’époque ont provoqué des fissures sur la roche. A bien y réfléchir, comment aurais-je fait moi-même ? Et bien je n’aurais rien fait, même pas tenter de tailler un tout petit obélisque. Tailleur de pierre, c’est un vrai métier !

Notre journée bien dense s’est terminée à bord d’une sorte de bateau mouche sur le Nil. A l’intérieur la clim est à fond et il fait presque froid ; à l’extérieur au crépuscule on a un peu la chair de poule : vivement qu’on rentre (même si la croisière était en vrai assez chouette), c’est l’heure de l’apéro !

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Fresque de la vallée des rois

Et rebelote… Le désert morne, le long ruban d’asphalte rapiécé par endroit, les lignes électriques, les camions surchargés, mais cette fois-ci direction Abou Simbel (prononcez A.B.O.U   S.I.M.B.E.L ou comme vous voulez en fait !) en pays Nubien, tout proche de la frontière du Soudan, pour environ 7h de route aller-retour.

La petite différence avec notre premier voyage en voiture a fait toute la différence !

Vous préférez un gars qui roule vite ou bien un gars qui roule vite mais qui a invité un Muezzin à bord de son véhicule au demeurant pas très confortable ?

Ce n’était bien évidemment pas un religieux en chair et en os, mais un gars qui causait fort dans le poste de radio. On a eu droit à la lecture de l’intégralité du coran… 2 fois : à l’aller dans sa forme originale comme celle que hurlent les hauts parleurs des minarets dès 3h le matin, et au retour une version plus mélodieuse avec une musique moyen-orientale lancinante et un peu pénible. Je n’ai pas demandé à notre chauffeur d’arrêter ce long appel à la prière qui ne nous concernait pas, d’abord pour ne pas froisser le jeune homme dans sa foi audiblement inébranlable, mais surtout parce qu’à vitesse de croisière les bruits de la voiture couvraient ces monologues complétement chiants, Carole écoutait sa musique avec des oreillettes et aussi parce que je suis un peu sourd.

Et quand enfin nous nous sommes plantés devant les 2 temples, la monotonie du voyage était vite oubliée et nous gommions aussi intégralement la perspective du retour. Abou Simbel est d’une beauté envoutante : Il y a le grand temple en l’honneur du phare à on (ah, ah, ah) Ramsès II et sur le côté celui dédié à sa femme Néfertari. Outre Ramsès II qui célèbre une victoire militaire contre les Hittites, tire des flèches contre ces ennemis, chevauche son char à côté d’un lion synonyme de victoire, asservi tout un tas de pauvres types qui n’ont rien demandé, ces temples sont aussi des symboles politiques et religieux forts. Et justement on retrouve encore ici les mêmes dieux ou déesses, les doubles couronnes de basse et haute Egypte, les cornes et les oreilles de vache, le disque solaire, les offrandes, Hathor (à ne pas confondre avec Thor, ce qui fera l’objet peut-être d’un prochain voyage) et Horus, les ailes déployées, les quidams tous de profil, les femmes, enfants et mère du Pharaon de taille inférieure au chef, etc… Un petit nouveau fait son apparition : il s’agit de Ptah, dieu des ténèbres et du monde souterrain qui lui reste dans l’ombre dans le petit sanctuaire au fond du temple les 22 février et 22 octobre quand les rayons du soleil éclairent ses 3 copains, Ramsès, Amon-Rê et Rê-Horakhty (Tiens, lui aussi est un petit nouveau !).

En vrai il existerait près de mille divinités locales, régionales et nationales que je ne citerais pas ici. A l’extérieur du temple, sur le fronton, notre guide nous montre 24 babouins qui représenteraient les 24 heures d’une journée et, comme tout le monde le sait, ce sont des babouins et rien d’autre car l’animal se lève très tôt en l’honneur du soleil. Et là je ne sais pas pourquoi, mais j’ai eu un doute ! mais après vérification, le bougre avait raison et j’avais eu tort de douter : l’origine du découpage d’une journée en 24h provient des Mésopotamiens et donc bien avant l’avènement des Egyptiens de Ramsès pour qui les heures n’avaient pas forcément la même durée dans la journée et en fonction des saisons.

Le site a été découvert par l'explorateur suisse Jean-Louis Burckhardt, mais désensablé quelques années plus tard par l’aventurier Italien Giovanni Belzoni qui pensait y trouver des trésors. Pas de bol, l’or avait depuis longtemps disparu ! Comme le temple de Philae, Abou Simbel a été sauvé des eaux du lac Nasser par l’Unesco à coups de 40 millions de dollars dans les années 60. Comme à Philae il a été découpé en petits morceaux pour être reconstruit un peu plus loin et un peu plus haut.

Notre guide sur place n’était pas d’une grande utilité et il n’a pas eu droit à un gros pourboire, ce qu’il n’a d’ailleurs pas contesté. Parce qu’en Egypte on ne rigole pas avec les pourboires, c’est une vraie institution, comme une part salariale. Tu donnes en fonction de ta satisfaction et toutes les agences touristiques sur place ont un tableau des gratifications qui correspondent au service que tu reçois : celui qui porte tes valises, le chauffeur, le guide, le personnel du bateau, le gardien du site, etc… Heureusement les tableaux sont tous très similaires. Quand la voiture au retour s’est garée devant notre hôtel, j’ai poussé un grand « ouf » de soulagement intérieur et le chauffeur n’a pas eu de pourboire.

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Sur la route de la mer rouge

Combien de fois ai-je dit à Clara, avec une voix emplie de certitude et une conviction quasiment indestructible : « Ma chérie, le confort c’est la mort ! » ?

Mais maintenant que je suis installé dans la suite immense et luxueuse de notre dahabiya (petit bateau traditionnelle à voile) avec la clim, le ventilo, les prises USB et l’eau chaude, qu’on me traite avec tous les égards et qu’on me tend un verre de citronnade à chaque fois que je monte à bord, j’avoue faire profil bas.

Sur le bateau, il y a 3 groupes distincts avec chacun son guide : 9 espagnols qui semblent tous se connaitre et qui n’échangent pas beaucoup avec les autres, 12 anglophones de divers pays, environ 10 membres d’équipage et 2 français. Les anglophones n’hésitent pas à venir vers nous et ça c’est cool, mais ce qui l’est plus encore est que les américains pensent exactement comme nous à propos de cet abruti de Trump.

On a tous apporté nos propres bouteilles d’alcool qui remplissent allégrement un immense réfrigérateur y compris la partie congélateur, ce qui ne gêne en rien l’équipage. Nous français sommes plutôt pinard, les Danois aussi, les Américains carburent à la bière et au whisky, et la palme d’or revient incontestablement aux Espagnols qui ont apporté un bar entier.

La navigation est tranquille le long des berges du fleuve, le plus souvent avec des décors assez sauvages, des oiseaux, des papyrus, des palmiers, mais aussi du désert, des villages, des cultures et des carrières de grès. Le capitaine ne sort la voile que pour le folklore alors que nous avançons presque toujours grâce à un remorqueur, à distance de notre havre de paix, et donc sans les bruits du moteur. On constate par contre, sans que le trafic soit vraiment dense, le passage d’un paquet de bateaux de croisière qui ne font pas envie.  

Sur le site du temple de Kôm Ombo un méchant fait son apparition : Sobek, le dieu crocodile, mais la particularité du site tient dans un ouvrage de pierres spécial, super bien conservé.

On connaissait le manomètre, le chronomètre, l’éthylomètre, le viscosimètre, le millimètre, le géomètre, le périmètre et le contremaître… On a découvert le nilomètre : espèce de puit avec un escalier à l’intérieur, construit pour mesurer la hauteur d’eau du Nil, anticiper l’importance des crues et ainsi pouvoir établir les taxes en prévision des récoltes. Quelques millénaires plus tard impots.gouv était inventé.

Ce matin le programme débutait à 7h, le ventre vide, par la visite d’un village sur une île au milieu du fleuve où on a fini par manger le pain qu’on a vu cuire. Nous sommes partis également avec notre gilet de sauvetage sur une petite barcasse avec des pêcheurs. Il faut souhaiter que la pêche soit meilleure habituellement car les petits poissons ramassés dans les filets devant notre regard incrédule n’auraient probablement pas suffi à cuisiner une bouillabaisse pour 2 personnes. C’était en tout cas toujours mieux que la partie de pêche de la veille avec Mohamed notre guide, partie de pêche avec mon matériel d’expert, complètement infructueuse, et pendant laquelle on a quand même perdu un leurre !

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Les bronzés s'amusent dans le désert
 

La croisière est terminée, la durée (4 jours / 3 nuits) était parfaite, les activités variées, l’équipage adorable, certains de nos compagnons de route vraiment sympas (on a échangé nos tél. et sincèrement on espère les voir débarquer un jour chez nous) … C’est bon, allez on se casse !

Et pour quoi ? pour à nouveau de l’antiquité, en veux-tu, en voilà !  Ne croyez pas qu’on ait trouvé ça rébarbatif ; c’était très bien, mais maintenant il faut passer à autre chose :

  • A Edfou, c’est là encore un temple de style Gréco-Romain.
  • A Louxor, près du Nil et au cœur de la ville, nous n’étions pas les seuls sur site. A l’entrée du temple on dirait qu’il manque un obélisque… Mais c’est bien sûr ! C’est celui de la place de la Concorde à Paris.
  • Dans la vallée des rois, c’était la période d’affluence pour les visites. Les pharaons avaient pris toutes les précautions pour éviter que les richesses déposées à leurs funérailles soient pillées… pas de bol, il semblerait que les mecs qui ont creusé les tombes soient revenus ensuite pour l’or !
  • Au temple d’Hatchepsout, ce sont des archéologues Polonais qui ont reconstitué l’édifice quasiment à partir de rien.
  • A Karnak, plus grand édifice religieux du monde, il y a une salle avec des colonnes gigantesques qui en jette. Mais comment ont-ils fait ?

Bon, ne nous emballons pas : il y a eu plus de trente dynasties de pharaons pendant 3 millénaires avec des noms familiers : Khéops, Ramsès, Toutankhamon, Cléopâtre et Âakhéperourê, mais savez-vous que parmi toutes ces dynasties on trouve des pharaons noirs de Nubie et d’Ethiopie, des macédoniens (Alexandre le grand) puis des Grecs (Cléopâtre) entre autres ?

Et après les pharaons c’est la foire d’empoigne. Tout le monde va en Egypte pour la conquérir et la diriger : les romains, les byzantins, les perses, les omeyyades, les kurdes, les mamelouks, les ottomans, les arabes, les syriens, les français (Napoléon), les anglais, etc… et presque les mongols ! (Qui ne sont pas entrés à cause d’un problème de visa 😊)… Jusqu’à la prise du pouvoir par les militaires Egyptiens en 1952 et la première présidence marquante de la période contemporaine : celle du général Nasser.

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Café paisible du quartier Khan Al Khalili au Caire

Notre premier rdv avec la mer rouge a été Hurghada pour récupérer la voiture de loc… Au secours, on a bien fait de ne rien réserver dans cette ville !

80 km plus au sud on se retrouve 2 nuits dans un hôtel club « all inclusive » avec le buffet à volonté, les cocktails aussi, le haut-parleur qui hurle, la gym dans la piscine, et ça n’est pas notre came non plus !

De la plage, en se frayant un chemin aquatique entre les méduses et les sacs en plastique (pour une tortue c’est surement compliqué de faire la différence), on arrive sur un récif de corail plutôt intéressant avec plein de poissons.

Le soleil se couche, les allemands arrivent au buffet, les palmiers bruissent, le vent souffle, un dernier cocktail, après j’arrête !

J’aurai pu me douter qu’il y avait une embrouille ! Tout à l’heure en sortant la voiture du parking pour prendre la direction de Marsa Alam j’étais à 2 doigts d’écrabouiller un employé de l’hôtel qui a traversé la route, pile poil au moment où je m’y attendais le moins.

Mon visage renfrogné lui a exprimé, l’espace d’un instant, mon plus vif mécontentement, et lui bizarrement paraissait aussi très fâché. C’est quand même pas ma faute ! Il aurait pu regarder dans ma direction avant de traverser ! 

L’incident était vite oublié et nous filions alors sur une belle route à 2 voies, les voitures en face nous croisaient avec appels de phare, belle marque de courtoisie et quelle façon originale de nous saluer pensais-je et je leur rendais la pareille. Quelquefois un véhicule roulait à contre sens et devait se rabattre précipitamment avec ces mêmes manifestations de sympathie, peut-être un peu plus appuyées.

Il n’y avait personne devant nous et personne derrière, des appels de phare incessants, des véhicules en face (à contre sens), un type qui tout à l'heure n'a pas regardé dans ma direction en traversant, et surtout à notre droite à quelques centaines de mètres une autre route à 2 voies où les véhicules ne roulaient que dans un sens de circulation (le nôtre) … Il fallait se rendre à l’évidence : nous étions les seuls sur cette autoroute un peu étrange à rouler à contre sens !

Que faire ? faire demi-tour sur l’autoroute et se taper au moins 50 bornes pour rattraper les bonnes voies ? Rouler sur le terre-plein central dans le sable sur plusieurs centaines de mètres pour retrouver notre sens de circulation ? Non merci ! On a choisi de rester où nous étions, à contre sens, à petite vitesse et en serrant les fesses quand la visibilité n’était pas bonne (dans les côtes et les virages en particulier), jusqu’à ce que tout revienne en ordre.

En Egypte cette situation n’est pas absurde, car plus tard, on était certain d’être sur l’autoroute et sur la bonne voie, un type au loin à pied sur notre voie fait des grands gestes, les véhicules devant nous franchissent rapidement le terre-plein central plus conforme à nos standards là où c’était possible et se retrouvent donc à rouler à contre sens, on les a suivis, et quand la zone de l’accident a été franchie tout le monde est revenu sur les bonnes voies de circulation, ni vu, ni connu !

Un peu plus tard, c’était le moment de notre B A du jour : 4 femmes nous font des signes et on s’est arrêté. Un peu surprises, elles sont montées à l’arrière de la voiture. Quelle providence : voyager gratuitement avec un confort probablement meilleur qu’à l’accoutumée, être déposées exactement à la destination souhaitée et sans attendre un hypothétique autobus… In Salah !

La route longeait la mer avec par-ci par-là des grands « ressorts » en bordure de plage dont la moitié en cours de construction (ou abandonnés), et soudain surgissaient pendant la traversée des villes et villages des 404 Peugeot break blanches, bleues ou vertes métallisées, surchargées.  

L’arrivée à notre hôtel « all inclusive » s’est fait ensuite sous une tempête de sable et de poussière, la piscine est littéralement ensablée, le récif de corail en bordure de plage est nul à chier, promis demain j’arrête les cocktails !

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Plateau de Gizeh près du Caire

Cette fois-ci c’est la bonne !

Quand la première fois je suis monté sur ce ponton, c’était pour une tentative de pêche. De notre hôtel il paraissait vraiment loin, et il l’était en vrai, surtout quand tu marches le long du lagon sur le sable. Mais toujours de loin, il semblait idéal car il enjambait toute la partie du lagon très peu profonde pour arriver pile poil sur le tombant et la mer. De près il était comme je me l’imaginais sauf que ce jour là il y avait du vent et une grosse houle venant du large qui se fracassait sur les piliers en faisant tout trembler. Impossible pour moi de pêcher car je n’aurais pas pu sortir un poisson de l’eau dans ces conditions de mer, et en plus des pancartes indiquaient clairement qu’il était interdit de pêcher à cet endroit. C’était pas de bol, car malgré le vent et les vagues, des poissons, j’en voyait un paquet dans l’eau, et quelquefois des gros bancs de carangues.

Le lendemain je suis venu sans rien, pour le plaisir des yeux. Argh ! la houle était moins forte et des touristes courageux étaient à l’eau avec masque et tuba.

Aujourd’hui, avant de reprendre la voiture pour Hurghada, puis l’avion pour Le Caire, j’ai décidé de me lever tôt (une fois n’est pas coutume) pour une séance de snorkeling. Le vent est faible, la mer est calme, en bref les conditions sont idéales.

Sur place le ponton est fermé… je contourne la barrière. Au bout les escaliers sont condamnés, je passe sous les cordages. Je ne suis pas seul, un couple a une la même idée que moi, qui se fout pas mal des interdits.

Et une fois dans l’eau quelle délice ! Le tombant fait entre 15 et 20 mètres, la visibilité est excellente, les coraux de toute beauté et les poissons innombrables, les plus rigolos étant pour moi les maquereaux des Indes, évoluant en bancs compacts, la bouche grande ouverte pour gober le plancton. Pendant quelques minutes, une tortue et moi avons évolué dans un ballet aquatique synchronisé en pleine harmonie, et puis j’ai quitté à regret ce monde merveilleux car il fallait partir.

Le récif s’étend comme ça tout le long de la côte avec par endroit quelques plages ou quelques pontons d’où les plongeurs partent vers le tombant. De la route on distingue aussi des ilots au large ou des hauts fonds, surement propice à la plongée. Michel, voilà je crois une destination de choix pour toi car les spots sont partout, avec des beaux coraux, des gros poissons, des plus petits aux couleurs de folie, des tortues, des dugongs et autres dauphins à foison.

Malheureusement on voit parfois des sacs plastique accrochés aux coraux ou surnageant entre 2 eaux, et sur le récif proche d’un hôtel, des coraux marrons, grillés, moisis, comme si une nappe d’hydrocarbure avait tout gâché (la mer rouge voit passer quotidiennement environ 50 gros navires qui transitent par le canal de Suez malgré les pirates Somaliens et les rebelles Houthis). Un jour je me suis retrouvé flottant dans une nuée de belles méduses bleues qui, une fois échouées sur la plage, faisaient le festin des Bernard l’Hermite.

La route qui file le long de la mer rouge est bordée des belles montagnes du désert à l’ouest avec des tons ocre, verdâtre, gris, beige, blanc dans une parfaite harmonie. De l’autre côté, c’est le logon peu profond avec toutes la palette de bleu-vert. Et quand je m’extasie pour l’antépénultième fois, Carole me demande gentiment de retirer mes lunettes de soleil polarisantes !

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Le GEM, ou le plus beau musée du monde


Dans la ville du Caire c’est un joyeux bordel, une symphonie de klaxon, la circulation des véhicules est chaotique, celle des piétons aussi. Les voies rapides sont souterraines ou au-dessus des habitations avec quelquefois d’autres routes au-dessus. Il y a des quartiers où les habitations sont démolies, où les habitations sont de type Haussmannien mais où pas grand monde n’habite, où les immeubles en brique sont tellement près des voies rapides que, de ta voiture dans un embouteillage, tu peux prendre le thé ou jouer aux cartes avec les locataires.

Le quartier islamique (Khan El Khalili) est l’un des plus pittoresques :  Les plus belles mosquées, madrasas ou palais de sultan côtoient les échoppes crasseuses, les petites fabriques de pain ou les restaurants pour touristes pas franchement homologués par les services de contrôle de l’hygiène alimentaire, les chiens faméliques ou galeux, les chats affamés, les boutiques du souk, les odeurs multiples et quelquefois fétides, viens voir ma boutique, c’est juste pour voir, tout est à 1 dollar …    

Tous les taxis vides qui passent à notre portée nous interpellent, on ne sait jamais, un touriste c’est une source certaine de revenus substantiels. Dans tous les cas, il faut négocier sévère, et si le type accepte sans broncher ton prix d’emblée, c’est que tu avais mis la barre trop haut.

Un peu plus loin de l’agitation de la ville sur le plateau de Gizeh on retrouve la grandeur et la mégalomanie passées des pharaons. Quel était le niveau de vie de la population à cette époque ? vivait-elle correctement ? Aujourd’hui, si les nouveaux pharaons sont beaucoup plus discrets, la population quant à elle semble un peu démunie (Les derniers chiffres disponibles, datant de 2019/20, indiquent que 29,7% de la population vivrait sous le seuil de pauvreté, fixé à 1,7 USD par jour), sans parler de la condition féminine pas franchement enviable !

Pendant notre dernière journée en Egypte on a enchainé les pyramides, le sphinx et le nouveau grand temple de l’Egypte antique du Caire : le GEM. Dans la grande pyramide de Khéops les couloirs sont étroits, bas, et il fait une chaleur d’enfer (normal, car on s’approche dangereusement du tombeau du pharaon qui lui a rejoint depuis longtemps le royaume d’Anubis), le sphinx n’a toujours pas retrouvé son nez et le GEM est probablement le plus beau musée du monde. Et pour une fois on entend parler français partout, car c’est bien connu : les Allemands sont sur les transats une bière à la main et les Français aux musées (OK, je gomme, ça c’est un cliché facile !).

La veille au soir quand j’ai sollicité un taxi pour l’aéroport, départ 6h15 du matin de notre hôtel, le chauffeur m’a confirmé par WhatsApp qu’il prenait la course, en spécifiant : « Je serai là avec ma voiture à l’heure convenue, si dieu le veut ! ». A 4h30 je recevais un message : « Je suis en bas de l’hôtel, quand seras-tu prêt à descendre, si dieu le veut ? ». J’ai failli lui répondre : « Tu sais ce qu’il te dit Dieu ? », mais je me suis abstenu et on a retrouvé notre chauffeur à 6h15 endormi dans sa voiture.